Mme Lilian Villanueva: «J’exige la justice!»
DRE No21815 août 2009[web ou pdf]

Le dimanche 9 août dernier, près d’un millier de manifestantes et manifestants ont répondu à l’appel de Mme Lilian Villanueva et ont dénoncé l’impunité des policiers qui ont tué son fils Fredy dans un parc de Montréal-Nord. Les pères de Mohamed Anas Bennis et de Quilem Registre, deux autres victimes du SPVM (le Service de police de la Ville de Montréal), ont également pris la parole pour dénoncer les assassinats impunis de leurs fils.

Organisée dans le cadre du festival «Hoodstock 2009», la marche fut une réussite, même si les bourreaux du SPVM ont tenté plus d’une fois de provoquer la confrontation – cela, alors que des mères de famille avec leurs poupons et de nombreux enfants en bas âge étaient présentEs. Quant à ceux et celles qui marchaient avec l’aide d’une canne, il leur a parfois fallu affronter leur peur et se réfugier sur le coin d’un trottoir.

À la tête du contingent se trouvait la famille Villanueva, suivie de près par leurs nombreux supporters. Plusieurs rappeurs ont animé la foule. Avec leur vocabulaire rythmé, ils ont dénoncé sans relâche les abus des agents du capitalisme.

Freddy Villanueva! Presente! Qui l’a tué? La police! Qu’est-ce qu’on veut? La justice! Quand est-ce qu’on la veut? Maintenant! s’exclama la foule d’une seule et même voix. Le comité de Montréal du Parti communiste révolutionnaire (PCR) n’a pas raté l’occasion de crier que «la seule solution, c’est la révolution».

Le discours de Mme Villanueva fut celui d’une mère envahie par la colère et qui exige la justice. Voici une transcription des propos qu’elle a tenus en espagnol:

«Je voudrais remercier chacun de vous, les plus jeunes autant que les plus vieux; votre présence est une mani¬festation de solidarité, et j’espère que la victoire sera nôtre, car justice doit être faite et la mort de Fredy ne doit pas rester impunie, l’assassinat de mon fils exige la justice! Tout le monde sait que Fredy a été assassiné par un policier; le délit qu’on lui a reproché fut celui d’être un immigrant. Croyez-vous à cette justice? Croyez-vous que nous, les immigrants, nous méritons de mourir du seul fait que nous ne sommes pas nés ici dans ce pays?

«Moi, j’exige la justice! Et si justice doit être faite, j’exige que l’on retire le matricule à ce policier maudit, ainsi que son uniforme, car il est la honte de tous les citoyens! Et qu’on l’envoie en prison! À toutes les mères, à tous les pères, je vous dis: réveillez-vous! Nous ne pouvons tolérer l’assassinat de nos enfants du seul fait que nous sommes immigrants. Nous aussi on a des droits. Et que fait-on des droits humains?

«Merci, merci à chacun et à chacune de vous, car votre présence est un geste de solidarité, et je sais que justice sera faite au nom de Fredy. Il ne faut pas que Fredy et tous ceux et celles qui sont morts aux mains de la police soient seulement un numéro de plus, car le chiffre de 46 assassinats impunis est déjà trop élevé!»

Oui Mme Villanueva, nous sommes bien réveilléEs, et nous luttons pour que les crimes commis par ces ordures ne restent pas impunis. Nous luttons pour mettre un terme à ce système maudit qu’est le capitalisme. Nous luttons pour que l’oppression et l’exploitation cessent ici au Canada, ainsi qu’au Honduras. Nous luttons pour un monde meilleur où nos enfants n’auront plus à craindre lorsqu’ils iront jouer au parc, et nous aussi on criera Presente! de toutes nos forces pour que dans tous les quartiers ouvriers, puisse entendre le cri de la lutte révolutionnaire.

Que justice soit faite!
La seule solution c’est la révolution!

- De notre correspondant